thumbnail_IMAG1432-min.jpg

HERITIERS AVERTIS D’UN SIÈCLE D’EXPERIENCES

Histoire du modulaire bois entre rêves et réalisations

Chez Agilcare, nous avons conscience que d’autres ont œuvré avant nous sur la question de la construction préfabriquées bois démontable. Cela nous a permis de comprendre plusieurs décennies d’expérimentations, d’échecs, et de réussites… afin de proposer enfin une solution opérante! Et oui, les construction bois, modulaires et éventuellement démontables ne sont pas nouvelles. Leur histoire nous ramène aux prémices de l’industrialisation du bâtiment, et souvent à des contextes d’urgence. Il s’agit d’un processus dont les acteurs qui créent la ville rêvent depuis plus d’un siècle. Agilcare, enracinée dans le XXIème siècle, réuni les ingrédients qui ont manqués à ses aînés. Analyse des étapes marquantes de ce changement de paradigme encore à l’œuvre :


Fin du XIXème siècle

Aux USA, les industriels du bois démocratisent une nouvelle manière d’accéder à la propriété immobilière : les maisons en kit. Proposées en catalogue, elles sont livrées dans des caisses et peuvent être montées par les heureux acquéreurs eux-mêmes ! il s’est agit de solutions bon marché et peu qualitatives…à une époque où aucune règle ne régissait la construction.

Le GIF animé ci-contre est tiré du film muet de Buster Keaton “One week” qui paraît un peu plus tard, en 1920. Il y moque avec finesse la nouvelle folie des maisons en kit, dans une succession de galères pour monter la maison de ses rêves…

tumblr_ng4yxgQlNh1sa11jco1_500.gif

Frank Loyd Wright.png

1911-1917

Franck Loyd Wright - American System Built Homes

Nous sommes à l’aube du XXème siècle et Frank Loyd Wright, architecte de la “Prairie school”, est inspiré par l’engouement pour les maisons catalogues. Il imagine des maisons individuelles préfabriquées à partir de panneaux de bois. Son rêve est de répondre à la crise du logement en offrant à tous les américains l’accès à une belle habitation, et ce quels que soient leurs revenus. Malheureusement, les centaines de dessins que Wright réalise n’aboutiront que sur quelques réalisations, du fait d’un mauvais contexte économique.

On constate ici les limites auxquelles se heurte l’architecte qui se penche sur la question de la standardisation…. où il trouve les limites de son art.


1928

La maison des forges de Strasbourg

Si l’industrialisation du bâtiment fait réfléchir outre-atlantique, c’est aussi le cas dans nos pays de la Vieille Europe. L’exemple ci-contre répond à un concours national français pour utiliser la sur-production d’acier d’après-guerre. Dans les années 1930, de nombreux autres modèles sont produits et commercialisés. La maison en kit conquiert aussi la France… On peut d’ailleurs noter que ce concept évoque le procédé Nano® dans une version métallique !

Cette démarche est interrompue lors du retour à la normale de la production d’acier et l’arrivée de la 2nde guerre mondiale.

les forges de strasbourg.png
les forges de strasbourg 2.png

General+panel-min.jpg
Image1.jpg

Années 1940

Konrad Wachsmann - Le general panel system

La montée du nazisme déclenche l’exile de toute une génération d’architectes et penseurs liés au “Bauhaus”. C’est dans ce contexte que les architectes Konrad Wachsmann, et Walter Gropius se rencontrent en Amérique. Ils diffusent ensemble un système de panneaux préfabriqués en bois, révolutionnaire par son système de connectiques. En se basant sur ces modules simples, ils proposent dix typologies de maisons individuelles. Wachsmann revend son brevet en 1946 à un groupe d’industriels, la “Celotex Corporation”. Un plan de 8500 logements est lancé mais seuls 250 à 400 sont vendus et l’aventure s’interrompt.

Les finances se sont révélées être insuffisantes pour le déploiement du projet et les procédés industriels pas assez optimisés.

La reconstruction

Les baraquements américains

Au lendemain de la seconde guerre, pas le temps pour les utopies architecturales. L’urgence est à la reconstruction de masse, à des coûts les plus faibles possibles. Les américains s’inspirent des modèles de baraquements militaires utilisés depuis la première guerre mondiale et exportent en masse des cités provisoires en bois, qui laisseront leur marque dans l’imaginaire collectif d’après-guerre.

UK100_SOYE.PNG
baraquement.jpg
 

Les UK 100

Modèle bien connu de baraquement, le UK 100 marque aussi son époque. A la base produit pour les sinistrés britanniques, ce bungalow est produit par de nombreuses usines américaines telle que “The city lumber company”, en carton-bois renforcé, et acheminé par bateaux. A Soye, un prototype a été rénové et exposé dans le cadre du musée dédié aux cités provisoires.

Dans ces 2 cas, il s’agit principalement de solution d’urgence et bon marché qui ont honoré leur mission le temps de celle-ci mais n’avait pas vocation à se répandre.

Jean Prouvé

La maison des sinistrés

Toujours en période d’après guerre, retour à la contribution des architectes avec Jean Prouvé. Sur la commande du ministre de la reconstruction et de l’urbanisme, ce grand designer architecte et industriel français produit une série de maisons démontables afin de reloger les sinistrés de Lorraine. Acheminées en pièces détachées, elles peuvent être montées en une journée. Ces maisons d’urgence sont caractéristiques du style Prouvé : Des compas en tôle pliée qui supportent une ossature de poutres métalliques, enveloppée par des panneaux de bois.

Ce cas est particulièrement intéressant car Prouvé est originaire du monde de l’industrie. Formé à la ferronnerie, puis concepteur de mobilier en série, il ne se concentre sur l’architecture que tard dans sa carrière. Reproduites en plusieurs centaines d’exemplaires, ces maisons démontables prouvent que l’alliance des mondes de l’industrie et de l’architecture est possible et même fructueuse.

Jean_Prouvé_(1981).jpg
 
pavillon.jpg
maison des jours meilleurs.jpg
image-rmngp2.jpg

La maison des jours meilleurs - 1956

Une décennie plus tard, nous arrivons au point d’orgue de l’histoire des maisons d’usine démontables. Lors de l’hiver 1954, l’abbé Pierre lance un appel poignant pour venir en aide aux sans domiciles. Jean Prouvé y répond et réalise un prototype à la fois révolutionnaire et épuré. Un bloc central préfabriqué en acier abrite la salle de bain et la cuisine. Il fait aussi office de structure porteuse sur laquelle viennent se poser des poutres en tôle pliée. L’enveloppe préfabriquée est constituée de panneaux en bois. Le toit, de bacs en aluminium. Tout est pensé pour livrer un habitat digne et de qualité, à moindre coût et déployable rapidement.

Malheureusement, la « Maison des jours meilleurs » ne sera pas dupliquée à une échelle suffisamment grande. En cause, la frilosité des décisionnaires qui n’acceptent pas d’homologuer le bâtiment, avec pour seule justification la trop grande proximité entre la cuisine et la salle de bain…

Avec Jean Prouvé une nouvelle ère s’ouvre : enfin un projet qui réconcilie architecture et industrie; dessin sur mesure et standardisation ! On note cependant que les mentalités ont la dent dure et que malgré ce travail, la construction démontable donc temporaire reste associée à une image de médiocre qualité, comme on l’a vu dans les exemples précédents. Malgré l’enthousiasme qu’a généré ce procédé, les donneurs d’ordre de l’époque ont préféré déployer les solutions en parpaing et béton.

Sources des images :

http://jean-prouve.fr/

https://www.patrickseguin.com/fr

JEAN PROUVÉ DOSSIER DE PRESSE NANCY 30 JUIN - 28 OCT 2012. URL : http://leav.versailles.archi.fr/sites/leav.versailles.archi.fr/files/upload/actualites/pdf/mban.nancy_.fr_fileadmin_media_Documents_PDF_Dossiers_de_presse_Jean_Prouve_DP_francais.pdf

Préfabrication et combinatoires, ENSAPM 2010, D. ROUILLARD & M. BERNARD / Stéphane SADETTAN / Thibault SCHWARTZ / Pierre SERON. URL : http://thibaultschwartz.com/wp-content/uploads/2013/11/Prefabrication-et-Combinatoires-SCHWARTZ-SADETTAN-SERON-2010.pdf